Si l’on pouvait demander… sans peur

14 octobre 2016 / Commentaires

 

Depuis hier, j’hésite. Entre parler ou me taire. Mais, hier, j’ai eu le coeur

triste du décès d’une femme, une maman que je ne connaissais pas. J’ai

entendu, lu – et c’est bien – l’importance de  demander de l’aide, de

s’ouvrir, d’aller en médiation. Oui, de tout faire, lorsqu’on y est confronté,

pour que la séparation, le divorce, se fasse dans le respect, dans le souci

du bien-être des enfants. C’est une évidence. Ils n’ont rien demandé.

Encore moins dans ces cas-là.

Pourtant, il faut aussi parler de ce déchirement, de la tristesse que l’on

ressent, jusque dans les os. Et de cette peine qui, à force de fatigue, de

communication devenue stérile, se transforme parfois en maladie, en

dépression aussi.

Je le répète, je ne connais rien de ce cas qui m’a touchée. Mais, il m’a

secouée. Je sais les efforts pour continuer d’être fort, de paraître solide

dans la tempête. Et je devine, chez trop de mères, trop de pères, cette

résistance à demander de l’aide. À faire appel aux autres, à dire son mal. Si

ça retournait contre nous? Si l’autre, pour protéger ou soi-disant pour le

faire, voulait nous retirer la garde des enfants?  Si un avocat, y voyait

l’occasion rêvée? On se rappelle deux ou trois récents, médiatisés, que l’on

redoute.

Alors, on se tait. Et on fait comme si… Pour les enfants, pour nous, pour se

protéger. En position de vulnérabilité, on ne veut pas perdre ce que l’on a

de plus précieux. Alors, j’imagine que jusqu’au bout, on garde le silence.

Celui de la peur.

Je ne sais pas, je n’ai pas de solution. Mais, il me semble que deux ou trois

choses pourraient changer… Et que le courage de demander de l’aide ne

devrait jamais – jamais – se retourner contre nous.

Pascale

 

 

28 commentaires pour “Si l’on pouvait demander… sans peur”

    Manon Hudon

    C’est vraiment triste de voir que c’est la seule solution que sa noirceur puisse lui offrir. J’envoie de la lumière aux enfants… triste…. Je suis d’accord avec toi, touchant et en même temps angoissant. Parlez, parlez-en… il y a toujours une autre option…

    Martine Paquin

    Cela me touche beaucoup……… Des trous noirs sans issue, malgré le chaos dans la tête être dans état de brouillard ….!!!!! faut parler pour s’en libérer

    lise Gagné

    Bonjour et bonne journée

    lise Gagné

    Très touchant ton texte

    Pascale Wilhelmy

    Merci Lise.
    Et surtout vrai.
    On hésite trop souvent
    à demander de l’aide.

    Manon

    Tu sais Pascale..je suis toujours très hésitante à demander de l’aide. ..et c’est souvent soit au bout du chemin..au fond qu’on va chercher l’aide. Oui par expérience et on voit bien que d’aller chercher de l’aide « trop tôt ? ? »..on a un bout de chemin à faire.
    Mais aussi es-ve lorsqu’on lâche prise qu’on trouve et ne cherche plus ????

    Sylvie Brizard

    Demander de l’aide…. si facile à penser et si difficile à faire. Peur de démontrer notre faiblesse, notre vulnérabilité, du jugement, je ne sais pas. Combattre cet état et foncer car après lorsque le soulagement arrive, notre sentiment de bien-être est fort agréable.

    Therese

    Chère ,Pascale je salue ta délicate intervention et la justesse de tes écrits,
    J’ai eu la même réaction que toi hier,en apprenant la nouvelle.
    Tu tout a fait raison,j’ai du moi meme passer par un divorce et je suis allée chercher de l’aide.
    Dieu merci…car je ne serais plus de ce monde…
    Bienque mon divorce date de 30 ans maintenant…j’ai eu mal a lire cette nouvelle hier.
    Merci de parler…Merci de dire les vrais affaires.

    Manue

    Trops souvent nous preferons garder le silence, la crainte de ne pas etre comprise, de faire pitié aux yeux des autrea, j’ai souvent eu l’impression que les problemes personnelles dérangeaient, de paraitre lâche, voir même abandonnée par ces amies qui choisissent l’impartialité pour éviter de s’impliquer, prendre position pour une cause juste pour soutenir un amie (i) ou un membre de la famille plutot qu’un autre, souvent les plus faibles se font écraser par le plus fort et fini par se terrer dans son coin en s’isolant des autres.

    Ayant perdu toute confiance, comment faire confiance aux autres, ayant été le miroir de l’autre, devenir autonome est un defi comparatif a monter l’himalaya.

    Je comprends tres bien votre peine d’ecrite plus haut, et suis solidaire a celle-ci.

    Manon

    Merci ,

    Lucille Paquet

    Très beau texte Pascale, très touchant

    Francine

    Effectivement ces pas toujours évident mes il faux le faire demander de l’aide avec des ressources qui aideront à mieux ce sortir de cette triste réalité et bravo Pascale Pour tes écrit

    Josée Gagnon

    Tu as entièrement raison Pascale, la société nous porte malheureusement parfois à prendre de bien mauvaises décisions. Bonne journée

    manon

    Ma réflexion en me mettant dans la peau de la personne en difficulté.  » Et si et si et si  »
    Et si je criais à l’aide ( et on m’aide ) parce-que j’ai envie de passer à l’acte … on m’aide et soudain on s’aperçoit ( moi aussi ) que je ne l’aurait pas fait je passe pour qui et pourquoi ??? Pifff il/elle avait besoin dattention dirait on dans le dos
    Et si je ne criais pas à l’aide pour éviter la situation #1 .. et si mon problème est tellement réel et profond que je réussie à menlever la vie …mais que moi même je ne croyais pas vraiment réussir …. trop tard pour moi ..mais demain on diras il/elle aurait du demander de laide
    « Et si et si et si  » ont arrêtais de juger ceux qui ont se besoin d’attention ….peut être y aurait il moins d’action réussi

    Gisèle Richer

    Bonjour Manon .. je suis tellement en accord avec votre réflextion. Que de jugements de la part de personnes qui ne sont pas dans les souliers de l’autre.

    Edith lapointe

    Il y a 60 ans je perdais mon père de cette tragique action mais même les enfants ont pas eu raison de ce mal de vivre et on reste toujours sans réponse .

    ,Pascal je t,admire et t,aime

    Marie Claire Champagne

    Oui, tellement difficile de demander de l’aide pourtant les professionnels sont là pour nous donner la main et nous redonner l’espoir.
    Tes mots sont tellement juste belle Pascale et j’espère qu’ils vont porter fruits.

    Denise Beaulieu

    Absolument déchirant pour les parents de cette belle jeune femme qui abordait un changement de vie qu’elle voulait certainement heureux et ce après des années à se construire tant au niveau personnel que professionnel ..et la perdre maintenant si dramatiquement… Immensément triste pour les enfants devenus orphelins de mère…mais aussi certainement très troublant pour le père et le nouvel homme dans sa vie, qui doivent vivre un certain sentiment de culpabilité (j’avoue le souhaiter un peu…) se disant que s’il y avait eu moins de pression sur elle, les événements n’auraient peut-être pas tournés de cette façon

    Pascale Wilhelmy

    Oui, d’une grande tristesse.
    Et on espère que ça changera…

    Brigitte et Marc

    C’est effectivement tres triste, specialement pour l’entourage de cette dame….

    Mais vous avez cette delicatesse pour aborder le sujet, en faisant bien attention de ne blesser personne.

    Bravo a vous Mme Wilhelmy, et bonne journee 🙂

    Brigitte

    Maryse Tremblay

    J’ai eu la même réaction en apprenant le suicide de ce qui était la nouvelle conjointe de PKP! C’est difficile de demander de l’aide car si on le fait, on avoue aussi n’être peut-être pas en mesure de prendre bien soin de ses enfants … Et de là cette peur de perdre la garde de ses enfants qui tourne autour de nous. Si le père est très violent psychologiquement, c’est difficile de faire la part des choses … Voilà le problème!

    Suzanne

    Il y a plus de 40 ans, j’avais besoin d’aide, je vivais violence conjugale et il n’y avais pas de ressource a ma connaissance. J’étais jeune 20 ans, 2 petits enfants, ne savais que faire, je vivais désespoir, j’ai demandé aide a la seule personne en qui j’avais confiance, nous étions dans un petit resto, j’ai commencé a raconter ma détresse, j’ai pleuré, je comprends que ce n’était pas le meilleur endroit, mais je sortais très rarement et j’ai vu opportunité de pouvoir enfin raconter ce que je vivais. Cette personne, d’un ton autoritaire et glacial m’a dit, cesse de pleurer tout le monde nous regarde et ton mascara coule, va te laver et ressaisis toi, tu me fais honte. J’ai fait ce que cette personne m’a demandé, notre repas était servi a mon retour, elle m’a dit mange avant que ce soit plus mangeable, après nous irons magasiner, comme nous devions faire aujourd’hui. C’est ce que nous avons fait. J’ai eu un an plus tard de l’aide de ma patronne qui a remarqué que je portais des cols roulés très souvent et c’était l’été. La personne qui a fait comme si rien était: c’est mon unique sœur et encore aujourd’hui je suis incapable de comprendre cela. Je m’excuse de ce long texte mais ce que j’ai voulu dire c’est que l’on ne sait pas si une aide demandé a peut être été ignorer. Apres cette expérience j’ai garder encore plus mes secrets. Avec le temps, j’essaie d’oublier et je crois que je réussis a pardonner.

    Nicole Hémond

    Touchant ton texte et tu as bien raison.

    suzie

    Est-ce vraiment de la résistance à demander de l’aide ou un système de santé qui s’essouffle ? Car oui nous pouvons de demander de l’aide mais quand les professionnels placent les gens sur la liste d’attente, c’est l’horreur ! Essayez de prendre votre mal en patience quand justement le mal vous déchire de l’intérieur. Et qu’une fois que l’on finit par vous offrir l’écoute dont vous avez tant besoin (si vous avez pu attendre bien sûr ) on vous averti que le nombre de séances est compté car il y a d’autres gens qui attendent! Et si ce n’est pas suffisant, allez au privé ma chère dame ou mon cher monsieur ! C’est déjà difficile pour ces gens de demander de l’aide, il faudrait revoir le système pour justement apporter le soutien jusqu’au bout pour que d’autres événements comme celui-ci n’arrive plus. C’est un problème profond de société ! Et merci Mme Wilhelmy de prendre le temps de le souligner!

    Jacynthe

    Texte très touchant .. et c’est vrai que demander de l’aide, ce n’est pas chose facile…. Et on le voit de plus en plus souvent peu importe les cas… Des drames, des meutres, des suicides etc…
    Merci Mme Pascale de partager ces mots trop juste….
    Bonne journée 😉

    Carmen Gautreau

    Le suicide est un acte si imprévisible et surtout incomprenable!!la détresse humaine est sans limite…. riche ou pauvre personne n est a l abri….Bravo pour votre témoignage!!!

    Lise Lafontaine

    Oui, très touchant….Savoir que cette personne pensait que c’était la seule et l’unique solution pour ne plus avoir mal… De n’avoir personne ou de penser que l’on a personne pour en parler ou demander l’aide nécessaire…

    Cette culpabilité pour ceux qui restent, de ne pas savoir et ne sauront jamais. Vouloir remonter sans cesse le temps et ne jamais y arriver. Vivre et survivre avec le questionnement…

    Parlez, parlez, parlez…demander de l’aide. Vous verrez, vous trouverez une solution.

    Louise Morin

    Merci pour ce beau texte.J’admire ceux ou celles qui par les mots peuvent nous toucher.J’ai fait l’achat d’un de tes livres.Je ne l’ai pas encore lu,mais ce sera comme un bon chocolat à déguster.Bravo! Pour ton blogue.Le jeudi soir ,c’est un R/V pour moi que de te suivre à T.V.A.

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